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Les Iles Vierge

L'univers du farniente

Idéales pour les équipiers épicuriens, les îles Vierges offrent d'innombrables mouillages très proches les uns des autres. Plus développées que les îles du sud, elles disposent aussi de nombreux ancrages sauvages.  

Présentation

Les Iles Vierges : l'univers du farniente Enfin, nous y sommes! S'il est vrai que les Vierges sont de toute beauté, le voyage n'est pas de tout repos: une bonne douzaine d'heures avec le changement d'avion à Saint-Martin et le transfert (inclus dans la location) de l'aérodrome de Beef Island à la luxueuse marina de Road Harbour. On arrive au crépuscule, heure idéale pour s'installer tranquillement à bord et profiter de la terrasse du Mariner Inn en discutant du programme de navigation devant un bon repas.

Les îles Vierges forment un semis d'îles et d'îlots verdoyants qui s'étirent sur une cinquantaine de milles d'ouest en est. Subjugué par leur splendeur et leur nombre, Christophe Colomb les baptisa en hommage au martyre des onze mille vierges de Sainte-Ursule. Outre la beauté des paysages, les Vierges offrent un plan d'eau unique aux Antilles pour naviguer à petites étapes en eaux abritées, car leur disposition casse la houle de l'Atlantique, déjà atténuée par l'immense récif d'Anegada. C'est encore plus vrai si l'on reste entre Saint-John, Tortola et Virgin Gorda, véritable lac marin parsemé de petites îles qui sont américaines à l'ouest, et britanniques à l'est. Ces dernières sont d'ailleurs les plus séduisantes et l'on s'en contentera sans regret si l'on veut éviter les formalités douanières parfois tracassières du côté américain.

Carnet de route

Une semaine permet déjà de composer un programme assez riche, avec beaucoup de temps pour l'exploration sous-marine, les balades à terre ou simplement le farniente. Avec des distances d'une dizaine de milles au plus entre les mouillages, les temps de navigation sont en effet assez brefs. Si l'on fait abstraction de la longueur du voyage, c'est une destination parfaite pour une croisière avec de jeunes enfants ou des équipiers sensibles au mal de mer.

Avec une semaine de plus, on peut élargir le champ d'action. Anegada, longue île corallienne perdue à 20 milles au nord de Virgin Gorda, vaut le détour mais il faut avoir l'autorisation du loueur, car l'approche est parsemée de nombreux récifs. Ses immenses plages désertes face à l'Atlantique ont une magie unique.

Les îles

La base Moorings, point de départ de cette croisière, se trouve sur la côte sud de Tortola, à Road Harbour, tout à côté de Road Town, charmante bourgade coloniale et capitale des îles Vierges britanniques. Au sud s'étend un large plan d'eau nommé Sir Francis Drake Channel, que limite une chaîne d'îlots offrant de nombreux mouillages dans un rayon de trois à cinq milles tout au plus. C'est l'idéal pour prendre en main notre cata Moorings 3800. Avantage de si brèves distances et de l'absence de houle, les trajets au près ne sont pas fastidieux. Nous commencerons donc par Peter Island qui offre plusieurs excellents mouillages avant de remonter vers l'est d'île en île jusqu'à Virgin Gorda où il faut, au moins une fois, mouiller dans l'eau turquoise des Baths, avec leurs petites plages coincées entre d'énormes blocs de granit et leurs cocotiers ébouriffés. Ce site splendide est hélas un peu trop fréquenté dans la journée. On poursuivra ensuite jusqu'au Gorda Sound, vaste lagon au nord de Virgin Gorda qui abrite denombreux mouillages et la base relais Moorings de Bitter End. Le retour se fera au portant, par la côte nord de Tortola, encore complètement, sauvage et les îlots de verdure qui la frangent, de Marina Cay à Guana Island.

Les cactus de "l'Ile au trésor"

Plus loin, Jost Van Dyke, une île elle aussi très préservée, recèle certains des plus beaux mouillages des Vierges, dont celui de Sandy Cay, gros bouquet de verdure posé sur une galette de sable étincelant qui n'offre qu'une protection symbolique. Nous y apprécierons la stabilité du cata, tandis que quelques monocoques se balancent autour de nous. Ils seraient assurément plus confortables sous l'abri de Sandy Spit, un mille plus au nord. Vers le sud, verdoyante et découpée, la côte de Saint-John est tentante mais perdre du temps en formalités pour n'y rester qu'une journée n'est guère compatible avec un programme d'une semaine. Nous ne ferons donc que l'approcher en embouquant les Narrows, le détroit qui la sépare de Tortola, pour retrouver le Sir Francis Drake Channel et mouiller sur Norman Island, petite terre couverte de maquis et de cactus. Une légende locale prétend qu'elle serait l'île au trésor du roman de R. L. Stevenson. The Bight, belle baie à l'ouest de cette île, y offre un excellent abri. Il ne restera plus que 6 milles à parcourir pour rejoindre Road Harbour et boucler, bien à regret, ce séduisant programme.

Mouillages.

Nombreux et bien abrités, ils sont aussi plus fréquentés que dans les autres Antilles. On y trouve un bon nombre de petites marinas, en général associées à des hôtels, avec un ou deux pontons et/ou des bouées d'amarrage payantes, à des tarifs élevés. En certains endroits, cette « privatisation » croissante des anses limite sérieusement les possibilités d'ancrage.

A voir

Indians des Vierges

Evocation tropicale des Needles du Solent, les Indians des Vierges se laissent approcher par beau temps. Tranquillité garantie et beaux fonds sous-marins.

The Baths

The Baths et leurs gros blocs de granit sur les plages, un des plus beaux sites naturels des Vierges. On y mouille près du rivage, sur de beaux fonds de sable blanc.

Les collines

Les collines parsemées de grands cactus de Peter Island ont un look méditerranéen... avec des cocotiers sur la plage.

Marina Cay

Marina Cay: ce sympathique restaurant est prisé des yachtmen. Un petit ponton permet d'y débarquer facilement.

Salt Island

Salt Island, un mouillage souvent rouleur où les catas seront plus à l'aise que les monos, est recommandé pour sa tranquillité.

Baie de Savana

Peu connue, la jolie baie de Savana (Virgin Gorda) s'abrite derrière un long récif de corail, à contourner par le sud avec prudence car aucun balisage ne signale la passe.

Parmi les îles Vierges américaines, Saint-John et Sainte-Croix (cette dernière à trente milles au sud) sont les plus séduisantes.

Informations pratiques

Avitaillement

Commandez  avant le départ car, hors de Road Town, il n'y plus beaucoup d'oppotunités, sinon quelques mini markets à Virgin Gorda Yacht Harbour et à Sopers Hole. Tout est nettement plus cher qu'en France et le choix est souvent limité.

En revanche, le ravitaillement en eau est plus facile que dans les autres Antilles, grâce aux petites marinas privées installées un peu partout.

Quant au fuel, le réservoir du bord suffira amplement à une croisière de deux semaines, la plus grosse consommation étant due à la nécessité de faire tourner le moteur pour produire du froid

Le Sud Saint-Martin

 

La région des volcans

Saba, Statia, Saint-Kitts, Nevis, des îles encore peu présentes dans les catalogues de voyage. Et pourtant, quelles merveilles! Mais ces joyaux se méritent, tant les mouillages ne sont pas toujours confortables.  

Présentation

Au départ de Saint-Martin, a la base de WSA princess marina , de nombreuses possibilités de croisière s?offrent à vous. Les Vierges, Barbuda et Antigua, Saint-Barth et Saint-Martin ou encore les îles volcaniques de l?ouest. C?est cette dernière destination que nous avons choisi de vous montrer, parce que ces îles volcaniques reflètent un autre visage des Antilles, peu connu des plaisanciers. Ici, rares sont les plages de sable blanc bordées de cocotiers, peu de mouillages abrités, quelle que soit la direction du vent, pas de ports aménagés? Bref, ces îles se méritent, en égard à certains mouillages rouleurs, mais quelle beauté? Les balades et randonnées à terre devront faire partie intégrante de votre croisière, de même que la plongée. Saba et Statia offrent chacune un parc sous-marin protégé, escale obligatoire. Encore sauvages, peu ou pas touristiques, ces îles volcaniques se visitent en une semaine depuis Saint-Martin, avec navigation de nuit à l?aller ou au retour, pour gagner du temps. Nous nous sommes même offerts des mouillages à Anguilla et Saint-Barth, deux îles très différentes. Une croisière antillaise sous le signe de la diversité.

Saint-Martin

Si Saint-Martin est un excellent point de départ en croisière, cette île pour moitié hollandaise et française n'a pas grand intérêt. Seul l'îlot de Tintamarre, à l'ouest de Saint-Martin, mérite une escale à la journée. Quittez donc l'anse Marcel le plus vite possible, cap sur Anguilla, une drôle d'île à la forme allongée et plate, colonie britannique autonome. Anguilla vaut le détour pour un, voire deux mouillages, l'intérieur de l'île étant pelé et dénué d'intérêt. Sandy Island et Road Bay sont deux plages de sable blanc idylliques, survolées par de nombreux pélicans. Mais une journée et une nuit suffiront pour Anguilla. Direction Saint-Barth, sur la route des îles volcaniques.

La Fourche, à ne pas manquer

Juste avant d'arriver à Saint-Barth préférez passer la nuit au mouillage de la Fourche, à 3 milles à l'ouest, plutôt qu'à Port Gustavia, souvent bondé et dont les places de port sont prises d'assaut par les gigantesques yachts à moteur... L'île de La Fourche, inhabitée, ne ressemble à aucune autre île des Antilles... L'arrivée de nuit n'est pas conseillée, la partie sud est débordée par un récif affleurant. L'île de Saint-Barth mérite une journée d'escale pour profiter des magnifiques plages et des mouillages de charme, à l'image de l'anse du Colombier ou de celle du Gouverneur. Nous avons opté pour une visite de l'île en voiture, impatients de mettre le cap sur Statia et les volcans, et blasés du tourisme de Saint-Barth, trop chic à notre goût.

Des îles préservées du tourisme

Les alizés souvent bien établis au mois de janvier nous permettent d'avaler rapidement au près les 45 milles qui nous séparent de Saint-Eustache. Si l'unique mouillage est rouleur, l'escale vaut vraiment le détour: île typique (20 km2), plongée, randonnées, habitants très accueillants... Nous resterons à Saint-Kitts longuement, tant il y a de choses à voir. D'abord, l'île est plus grande (180 km2) et très variée du nord au sud. Au nord, ce ne sont que des plantations de cannes à sucre qui plongent dans la mer, au sud, un paysage aride... Les mouillages tranquilles sont dans le sud de l'île. Basseterre est à voir absolument... Enfin, l'île de Nevis est paisible et, malgré quelques hôtels, reste préservée. Des plages bordées de cocotiers vous rappelleront que vous êtes aux Antilles.

Carnet de route

Départ de St-Martin, Anguilla, Saint-Barth, puis Statia, Saint-Kitts, Nevis et retour à Saint-Martin en navigation de nuit. Cette dernière nous a permis de gagner une journée à Nevis, ce qui est appréciable quand on ne dispose que d'une semaine.

Nous n'avons pu aller à Saba, un endroit superbe (site de plongée) et à taille humaine puisqu'elle ne mesure que 13 km2. Il faut faire des choix!

Mouillages

S'ils sont bien protégés à Anguilla et St-Barth (même s'ils dépendent fortement du sens du vent), vous aurez moins le choix à Statia et Nevis, où ils sont rouleurs, tandis que, dans le sud de St-Kitts, plusieurs anses autorisent un mouillage calme. Seul au monde, c'est un peu la réflexion que vous vous ferez souvent.

Peu de monde au mouillage ou dans les terres, vous aurez parfois l'impression d'être les seuls touristes. Dépaysement total donc, renforcé par la langue. Car dans toutes ces îles, on parle anglais ou néerlandais.

Les prix des places de mouillage, ou plutôt la taxe d'entrée dans le pays (St-Kitts et Nevis sont indépendants), sont élevés. Un bon conseil: soyez habillés au moment d'aller à la douane et polis avec le douanier! Ils sont parfois sévères.

A voir

Saint-Eustache

Arrivée sur Saint-Eustache devant l'unique ville (Oranjestad) bâtie sur une falaise. The Quill culmine à 600 m d'altitude.

Port Gustavia

Port Gustavia à Saint-Barth, souvent bondé, oblige à mouiller à l'extérieur.

Road Bay

Road Bay à Anguilla, un joli mouillage où se côtoient cargos et voiliers. Juste en face, l'îlot de Sandy Island est à voir.

L'île de Tintamarre

L'île de Tintamarre, en face de Saint-Martin, offre une jolie plage et un site de plongée mais peut être rouleur par vent d'est.

Informations pratiques

Prix

Côté prix, les billets d'avion pour les Antilles sont très accessibles, surtout hors période scolaire (le mois de janvier). Nouvelles frontières propose des tarifs pour St-Martin aux alentours de 750 € aller et retour.

Les Iles Grenadines

D'un bleu Pacifique

Entre Béquia et Cariacou, sur 40 milles, le plaisir de la voile se marie avec celui des yeux. La nature offre toute sa palette de bleus d'où jaillissent plus de trente îles et îlots aux mouillages cartes postales, distants de quelques milles.  

Présentation

Sous l'influence constante des alizés de nord-est, les abris se trouvent le plus souvent sur la côte sous le vent. A l'exception des mouillages mythiques protégés par une barrière de corail comme les Tobago Cays, ou le plus sauvage récif de la Fin du monde. Séparée de Saint-Vincent par un canal d'environ 5 milles, Béquia ouvre la porte des Grenadines aux plaisanciers venant du nord. Admiralty Bay devant Port Elizabeth sera le premier contact physique avec les Grenadines. On le quitte par le sud après avoir tutoyé West Cay (pointe ouest de l'île), pour se diriger vers Battowia et Baliceaux par l'étroit passage entre Petit Névis et l'île Quatre. Les plongeurs feront une halte à Baliceaux puis, comme tout le monde, iront jeter l'ancre à Grand Bay à Moustique.

Canouan, sous la pointe de l'anse Cuyac est désert; mais on approche déjà de Mayero d'où le regard embrasse les Tobago Cays. On a le souffle coupé! Non pas par le raidillon qui conduit au sommet, mais par le fabuleux spectacle qui s'étale à nos pieds. On quitte à regret le Horse Shoe Reef pour Union, ses boutiques, ses restaurants, ses steel bands, mais aussi son superbe mouillage face au récif. Plus au sud, Carriacou, c'est déjà Grenade, l'île aux épices! A voir.

Carnet de route 

Les îles

En quittant la marina du Marin à Fort-de-France, a la base relai de WSA , tout le monde piaffe à bord et ne songe qu'à une seule chose: filer rapidement vers le sud, vers les Grenadines. C'est aller un peu vite en besogne, c'est surtout faire trop fine bouche devant Sainte-Lucie, la première île qui se présente à nous. Non! Patientons, une nuit, une nuit seulement, et offrons Marigot Bay (30 milles) à ceux qui n'ont jamais vu un joyau dans un écrin de verdure. Malheureusement, plus les années passent, plus grand doit être l'effort d'imagination. C'est pourtant une escale à ne pas manquer. Comme c'était beau avant!

Un peu plus loin dans le sud, à 7 milles environ, l'anse des Pitons. Son mouillage, ancre à pic et amarre aux cocotiers, était réputé. Son comité d'accueil aussi. Un peu d'ordre a été mis, mais le coeur n'y est plus. On peut passer, et repartir vers le sud.

Le coeur des Grenadines bat à Mayero

A Béquia, au fond d'Admiralty Bay, Port Elizabteh est une charmante cité empreinte de douceur de vivre. En suivant Main Road en direction de Belmont, un chemin prend de la hauteur pour offrir un magnifique panorama sur la baie. Sur la pointe sud de Friendship Bay, au mouillage souvent houleux, donc peu fréquenté, se trouve Whaling and Sailing Museum, érigé à la gloire de la baleine et des baleinières. Petit Nevis, centre actif de pêche à la baleine est aujourd'hui désert. Des vestiges subsistent.

Entre Les Piloris et le nord de Moustique (île privée), gît les restes de l'épave du paquebot Antilles, rappel à la vigilance. Sur Moustique, il y a le Basil's Bar, mais aussi un épicier hors de prix, des pop stars, une ou deux princesses qui cherchent une paix royale. Nous aussi, alors filons vers Mayero où bat le coeur des Grenadines. Environ 200 personnes vivent sur Mayero dominée par l'église édifiée par le père Divonne, dominicain français. A côté, une petite boutique vend des souvenirs. Du haut du promontoire, on distingue les Tobago Cays. On reste sans voix devant tant de beauté! Passées les séquences contemplatives entre Petit Bateau et Horse Shoe Reef, entrecoupées des demandes courtoises des vendeurs de langoustes, retour à la civilisation. Union et ses requins... pas tous dormeurs! Balade en ville, restaurant au son des steel bands, puis retour au bateau. Car demain matin, le spectacle recommence!

Sites à voir

Les Deux Pitons: Grain sur les Deux Pitons, autre mouillage emblématique de Sainte-Lucie, à la réputation autrefois sulfureuse.

Union: Les voyageurs au long cours aiment s'arrêter à Union. Il y fait bon vivre et le dépaysement est garanti.

Le Phocéa: Union: autre image de la plaisance, le Phocéa défilant devant le récif et le mouillage de Clifton.

Port-Elisabeth à Béquia : Port-Elisabeth à Béquia est aussi port de commerce. Admiralty Bay voit passer la majorité des bateaux se rendant aux Grenadines.

Béquia : Béquia fourmille de ressources, minimarkets, shipchandlers.

Cannouan : Cannouan. Peu de monde dans la « piscine », sous la pointe Cuyac, où le courant est parfois déroutant.

L'avitaillement réalisé de Paris, par Internet, à partir d'une liste complète fournie par le loueur, La brochure très complète (avec les prix) comporte conseils et menus. Moyenne surface alimentaire à proximité.

L'accueil. Un taxi nous attendait pour nous conduire au Marin. Compte tenu de l'heure, le chef de base a laissé un mot de bienvenue, quelques conseils judicieux, et une bouteille de planteur.

Le bateau, un Bahia 46 prévu pour douze personnes, est équipé de toute l'électronique, dont pilote, réfrigérateur et congélateur. Les pleins sont faits. Des cirés, le linge et la literie, des palmes et tubas sont à bord. Prise en main et inventaire ne prennent pas plus de deux heures.

Le programme prévoyait la descente par étapes sur Union et la remontée en directe (autorisation à demander pour navigation de nuit, atterrissages et appareillages nocturnes interdits). Deux semaines semblent un minimum pour le réaliser confortablement.

La clearance à Béquia (10 $ par personne); possible aussi à Saint-Vincent (Kingstown).

Les mouillages sur ancres sont gratuits; sur corps-mort à Moustique, 50 $ la 1re nuit, puis 30 $.

Eau, gazole et change (guichets automatiques) à Béquia et Union.

La Guadeloupe et ses îles

L'archipel des surprises

La Désirade, Marie-Galante, les Saintes, satellites enchanteurs de la Guadeloupe, bordés de lagons d'opale ou de mornes verdoyants, offrent un canevas idéal pour des croisières d'une semaine. Avec quelques jours de plus, on pointera l'étrave vers les charmes d'Antigua. 

Présentation

Le fracas de la chaîne qui file trouble un instant la quiétude du lagon de Petite Terre avant que l'ancre ne vienne crocher sur un fond de sable blanc, immobilisant notre Dufour 38. La transparence est telle qu'on pense toucher le fond du bout des doigts. Pas de risque, il y a 4 mètres d'eau! A tribord, de jeunes cocotiers s'inclinent sur une langue de sable immaculé, tandis qu'à quelque distance se dresse le plus vieux phare des Antilles, sentinelle perdue de ce double îlot peuplé de milliers d'oiseaux et d'iguanes craintifs. Sous le charme, l'équipage garde un instant le silence... avant de plonger avec délices dans l'eau claire, proche de 25 °C. Je mesure notre chance car il arrive que cet ancrage de rêve, où pullulent les poissons multicolores, soit inaccessible, quand la houle vire au nord et vient déferler dans la passe d'entrée. Oubliée la grisaille glacée de l'hiver parisien, quitté il y a juste trois jours! Depuis notre départ de la base Sunsail de Pointe-à-Pitre, tout est lumière, et la magie se renouvellera de jour en jour au fil de cette croisière dans les eaux guadeloupéennes. Car le charme particulier de cet archipel, c'est qu'aucune escale n'y ressemble à une autre. N'oublions pas qu'avant sa découverte par Christophe Colomb, en 1493, la Guadeloupe s'appelait Karukera, « l'Ile aux belles eaux »... Avec ses îles peu éloignées les unes des autres, le sud de la Guadeloupe offre un bassin de navigation très riche, idéal pour les croisières courtes. On peut y inclure la Dominique où l'on trouvera, à environ 15 milles au sud des Saintes, des ancrages aussi beaux que tranquilles.

Carnet de route

Les Saintes : l'authenticité préservée

Pointe-à-Pitre a l'une des meilleures rades des Antilles. Dès la sortie de l'avion, la chaleur tropicale nous saisit et, grâce au taxi Paulo, nous rejoignons aussitôt la base du Lagon Bleu, frangée de jardins luxuriants. Julie, tout sourire, nous y accueille pour le chek in d'embarquement, vite réglé. Une heure plus tard, installés à bord de notre Lavezzi 40 où l'avitaillement a été fait par  WSA loueur aux antilles , nous sirotons un ti'punch dans la douceur du crépuscule. Après une nuit réparatrice, nous appareillons, non sans avoir fait le plein d'ananas, corossols, bananes et légumes frais au marché coloré de Pointe-à-Pitre. Un long bord de près vers Marie-Galante permet de prendre la mesure du confort de navigation dans l'alizé, tout dessus, bercé par la houle tranquille de l'Atlantique. Trois heures plus tard, nous nous baignons devant la plage déserte de Vieux Fort, avant de venir mouiller pour la nuit près du débarcadère de Saint-Louis, face à une de mes adresses favorites, le restaurant Aux plaisirs des pêcheurs. Nous y savourerons un succulent colombo de poisson face au soleil couchant.

Le lendemain, visite de cette belle île campagnarde, tout ondulée de champs de cannes à sucre qui donnent les meilleurs rhums antillais, avant de reprendre notre périple vers la Petite Terre, déjà évoquée, où l'on aimerait jouer les Robinson plus longtemps. C'est à regret que l'on lèvera l'ancre pour gagner Saint-Francois, sur la côte sud de la Grande-Terre, dont le lagon offre un ancrage plus agréable que la marina bordée de bars et de restaurants. La Désirade est à 15 milles au vent mais, pour y avoir déjà relâché, je sais que son petit port est peu confortable et mes équipiers ne semblent pas enclins à tirer des bords jusque-là. Nous prendrons donc la navette du matin pour visiter cette belle île aux airs de bout du monde, avec son vieux bourg de pêcheurs, ses eaux de cristal et ses longues plages à cocotiers. Le matin suivant, nous mettrons les voiles vers Les Saintes, dont Alain Gerbault avait fait son paradis. Quoiqu'aujourd'hui très fréquenté, ce micro-archipel où vivent les meilleurs pêcheurs des Caraïbes a su préserver son authenticité. Nous y passerons deux jours de mouillage en mouillage avant de revenir vers Pointe-à-Pitre, pleins de souvenirs ensoleillés.

En deux semaines, pas d'hésitation, montez jusqu'à Antigua, voire Barbuda (l'île oubliée, de sable et de corail), en partant par Marie-Galante, avec retour par la côte sous le vent et les Saintes.

Les mouillages sont bien abrités partout, sauf à la Désirade où seul le port, petit et d'accès difficile, est protégé. Marie-Galante reste peu fréquentée avec des plages désertes et un excellent ancrage en baie de Saint-Louis, le port de Grand Bourg n'ayant, lui, aucun intérêt. Petite Terre reste un must, une fois partis les grands catas « à touristes » qui y viennent dans la journée. Les Saintes sont fréquentées mais on peut tout de même y être tranquille (îlet Cabrit). Antigua regorge de mouillages superbes et très abrités.

Le retour sur Pointe-à-Pitre, au près, se fait rarement en un seul bord. Ce programme est modulable: on peut sauter une étape ou la remplacer par un crochet vers la Dominique.

Sites à voir

Saint-Louis de Marie-Galante : A Saint-Louis de Marie-Galante, le mouillage est toujours tranquille à proximité du bourg, devant la plage où les pêcheurs tirent leurs barques.

Le Pain de Sucre : Le Pain de Sucre, aux Saintes, un mouillage plus tranquille le matin, avant l'arrivée des bateaux touristiques.

Cimetière de Beauséjour (la Désirade) : Derrière les cocotiers de la plage, le petit cimetière de Beauséjour (la Désirade) porte un nom idéal pour un repos éternel.

L'habitation Murat : L'habitation Murat, ancien domaine colonial de Marie-Galante, transformé en musée.

Petite Terre : Petite Terre, un lagon de jade entre deux îlots déserts, bien abrité par une barrière de corail.

Antigua : A Antigua, toutes les cases ne sont pas aussi pimpantes que celle-ci.

La Désirade : Battue par la houle du large, la Désirade reste très préservée en raison de sa difficulté d'accès.

Marie-Galante : A Marie-Galante, les camions n'ont pas remplacé tous les chars à boeufs pour porter la canne à sucre aux distilleries.

Deshayes : Deshayes, meilleure baie de la côte sous le vent de Guadeloupe, peut accueillir de nombreux bateaux sans que l'on s'y sente à l'étroit.

Informations pratiques

Avitaillement

Chargez à Pointe-à-Pitre où il y a tout, complétez dans les îles (joli marché à Grand Bourg de Marie-Galante).

Bons restaurants partout. Points d'eau à Saint-François, Marie-Galante (avec bidons), aux Saintes (correspondant WSA) et à Antigua (English Harbour, Falmouth, Parham Marina).

Budget

Budget réel de croisière sur un Lavezzi 40, 3 cabines, 6/8-couchettes en mars 2008: 3000 € pour le bateau soit 500 €  par personne à six. Skipper + 150 € par jour en sus et avitaillement 50€ par personne en sus  

 

 

 


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